"Un voyage de 20 000 lieues commence toujours par un premier pas"

Lao Tseu

dimanche 1 décembre 2013

L'ENFER AU PARADIS...


C’est par cette courte phrase, qu’Albert Londres, journaliste, qualifia les îles du Salut au temps du bagne. C’est pourtant là, que je décidais d’emmener Julie à l’occasion de son anniversaire.

En découvrant se site paradisiaque, comment peut-on imaginer qu’en ces lieux Guillaume SEZNEC, Alfred DREYFUS et des milliers d’autres vécurent les pires heures de leur existence.

Ce 21 octobre, je conduisais Julie vers le port de Kourou pour lui annoncer que l’on allait prendre le bateau, direction les îles du Salut. Quatorze kilomètres de traversée sur un catamaran géant, à profiter d’une vue magnifique sur la côte Guyanaise et on commence déjà à deviner la forêt de cocotier qui couvre l’île Royale, lieu d’accueil de notre week-end.

L’île Royale abritait les services administratifs et accueillait les prisonniers de droit commun. Aujourd’hui, d’anciens bâtiments ont été transformés en auberge et c’est là que nous attend notre chambre. Après avoir quitté le bruit de la ville, nous voilà dans un lieu où la nature a repris le dessus et nous aspire au calme. Le sentier qui longe le littoral, nous permet d’avoir une très belle vue sur l’île du Diable.  

L’île du Diable est aujourd’hui inaccessible au public car les courants marins et ses rivages très périlleux ne permettent pas d’y accoster. Autrefois, on y isolait les prisonniers politiques, dont le plus célèbre fut Alfred Dreyfus qui vécu seul sur cette île pendant 4 ans. Un téléphérique permettait de l’alimenter ainsi que les gardiens qui le surveillaient.

Après la visite de l’ensemble des bâtiments et du musée, nous voilà repartie en ballade jusqu’à la seule plage où la baignade est possible. Dans une magnifique anse, les prisonniers ont construit une piscine avec des énormes blocs de rochers pour qu’ils puissent s’y laver sans se faire attaquer par les requins. Malgré le vent du large, la température se maintient au delà de 30° et sans réfléchir, nous nous jetons à l’eau dans ce lieu merveilleux. Après avoir ouvert quelques noix de coco au couteau pour nous rafraichir, nous nous dirigeons vers l’Ouest pour y voir un coucher de soleil extraordinaire.

Après cette belle journée, comment peut-on imaginer la souffrance endurée en ces lieux par tant d’hommes durant une centaine d’année. Les bagnards arrivaient de Métropole depuis l’île de Ré, haut lieu du tourisme pour arriver aux « îles », devenu lui aussi un haut lieu du tourisme guyanais. La boucle est bouclée, car « on ne s’évade pas du bagne ». Quelques uns ont tenté l’aventure dont le plus célèbre est Henri Charrière dit « Papillon » dont le livre est devenu un best-seller. Hollywood repris son histoire par la suite, film mythique avec Steve McQueen et Dustin Hoffman.

Le deuxième jour, nous avons pris la direction de l’île Saint Joseph, appelé autrefois île du Silence. On y enfermait les durs à cuire pour les mater par le régime de la réclusion en cachot. Aucun bâtiment n’a été réhabilité et la nature permet d’effacer les terribles traces laissées par l’homme en cet endroit.
Paradoxalement,  nous y avons observé des tortues, des singes, des aras rouges, des iguanes, des agoutis vivant en toute liberté dans un cadre naturel exceptionnel.

Ca y est, c’est déjà le retour vers Kourou, notre bateau est prêt à quitter les îles. Nous avons passé deux jours dans un cadre fabuleux, coupé du monde, à profiter de ce que la nature peut nous offrir de plus beau. Cette phrase d’Albert Londres, « l’Enfer au Paradis » résume particulièrement bien les îles du Salut. Un lieu paradisiaque que nous avons eu l’opportunité de découvrir et un enfer pour de milliers d’humains, à une autre époque…pas si lointaine.

mercredi 13 novembre 2013

LES PREMIERS PAS...

L'avion vient d'atterrir sur l'aéroport Felix Eboué de Cayenne, Julie peut commencer à se détendre. Nous récupérons l'ensemble de nos bagages et nous effectuons nos premiers en Guyane. Il est 17h45, la nuit ne va pas tarder à tomber et il fait encore plus de 30°. Le choc thermique est rude mais nous sommes vraiment heureux d'arriver sur cette nouvelle terre d'accueil. Une année après avoir pris la décision de nous installer en Amérique du Sud, nous sommes parés à vivre la grande aventure.

Philippe et Anne nous ont réservé un bel accueil et nous découvrons dès notre première soirée la restauration...vietnamienne. La Guyane est un melting-pot de nombreuses civilisations venues s'installer de gré ou de force, et ayant chacune une histoire propre à elle avec ces joies et ces malheurs.


Durant les trois premières semaines, nous avons adopté un rythme bien ralenti pour refaire le plein des batteries après un départ bien éreintant tout en consacrant quelques journées à la découverte de la région. Avec l'association de Anne, Mo Péyi Prop', nous avons fait nos premières rencontres locales et nous avons participé à des démarches actives en terme d'écologie et de propreté sur la ville de Kourou.

Nous ne manquons pas une occasion de gouter aux délices de la pêche locale en nous rendant au marché aux poissons. Le filet de mérou ou de requin proposé à des prix défiant toute concurrence font le délice des palais. Sur le marché, nous trouvons des fruits exotiques tout juste tombé de l'arbre, que nous ne nous lassons pas de préparer en jus ou sous d'autres formes.

De mon côté, pour rester dans la démarche agricole, je suis allé à la rencontre paysans locaux qui tente l'aventure biologique. Je suis bien tenté de leur donner un coup de main en échange de savoirs sur l'agriculture tropicale. Nous avons commencé les cours d'espagnol avec Julie et je recherche une guitare pour tenter une énième fois d'être un petit musicien débutant. Julie est déjà adhérente aux cours de Yoga et bricole tout en transformant des objets de récupération.

Mais ici, ce n'est pas seulement des activités en tout genre, la belle vie sous le soleil et à la plage. Nous avons aussi tous les deux un poste d'infirmier à l'hôpital de Kourou. Julie travaille en service de cardiologie et moi en chirurgie. Le CMCK (Centre Médico-Chirurgical de Kourou) est ce qui se fait de mieux en Guyane de part ces moyens, la qualité de soins et la prise en charge des patients. On est donc plutôt bien loti, surtout que les salaires ne sont pas les mêmes qu'en métropole (enfin la reconnaissance du métier d'infirmier...ou plutôt un moyen de combler le déficit de la cherté de la vie ici!).

En tout cas, cette première approche de la Guyane nous ouvre l'esprit et nous donne envie d'aller plus loin dans la découverte de ce DOM. La première saison des pluies arrive mais comme il continu à faire 30°, on a même pas peur de se mouiller.

mercredi 6 novembre 2013

FETE DE DEPART


PRÊT A PARTIR:

Nous voilà fin prêt à partir !!! Les valises débordent de toutes les affaires que l'on hésitait à prendre...ou pas. La maison est vide car le déménagement a été planifié de main de maître par Julie. Toute la partie administrative a été gérée...heureusement que l'on ne part pas tous les ans. On a quitté nos postes respectifs d'infirmier et l'on a fait une belle fête de départ avec les collègues. Nos deux chats on été adopté par les parents de Julie et Matthieu.

Il ne restait plus qu'à se retrouver avec la famille et les amis pour profiter de nos derniers instants en Alsace avec l'arrivée de l'hiver, heu...avant notre départ. Voilà c'est partie pour un week-end dans le centre de vacances "Au Beau" où l'on va faire la fiesta, mais aussi se détendre, palabrer, pétanquer, boire des apéros, bien manger et surtout vous dire au revoir.