En découvrant se site paradisiaque, comment peut-on imaginer
qu’en ces lieux Guillaume SEZNEC, Alfred DREYFUS et des milliers d’autres
vécurent les pires heures de leur existence.
Ce 21 octobre, je conduisais Julie vers le port de Kourou
pour lui annoncer que l’on allait prendre le bateau, direction les îles du
Salut. Quatorze kilomètres de traversée sur un catamaran géant, à profiter
d’une vue magnifique sur la côte Guyanaise et on commence déjà à deviner la
forêt de cocotier qui couvre l’île Royale, lieu d’accueil de notre week-end.
L’île Royale abritait les services administratifs et
accueillait les prisonniers de droit commun. Aujourd’hui, d’anciens bâtiments
ont été transformés en auberge et c’est là que nous attend notre chambre. Après
avoir quitté le bruit de la ville, nous voilà dans un lieu où la nature a
repris le dessus et nous aspire au calme. Le sentier qui longe le littoral,
nous permet d’avoir une très belle vue sur l’île du Diable.
Après la visite de l’ensemble des bâtiments et du musée,
nous voilà repartie en ballade jusqu’à la seule plage où la baignade est
possible. Dans une magnifique anse, les prisonniers ont construit une piscine
avec des énormes blocs de rochers pour qu’ils puissent s’y laver sans se faire
attaquer par les requins. Malgré le vent du large, la température se maintient
au delà de 30° et sans réfléchir, nous nous jetons à l’eau dans ce lieu
merveilleux. Après avoir ouvert quelques noix de coco au couteau pour nous
rafraichir, nous nous dirigeons vers l’Ouest pour y voir un coucher de soleil
extraordinaire.
Le deuxième jour, nous avons pris la direction de l’île
Saint Joseph, appelé autrefois île du Silence. On y enfermait les durs à cuire
pour les mater par le régime de la réclusion en cachot. Aucun bâtiment n’a été
réhabilité et la nature permet d’effacer les terribles traces laissées par
l’homme en cet endroit.
Paradoxalement, nous
y avons observé des tortues, des singes, des aras rouges, des iguanes, des
agoutis vivant en toute liberté dans un cadre naturel exceptionnel.
Ca y est, c’est déjà le retour vers Kourou, notre bateau est
prêt à quitter les îles. Nous avons passé deux jours dans un cadre fabuleux,
coupé du monde, à profiter de ce que la nature peut nous offrir de plus beau.
Cette phrase d’Albert Londres, « l’Enfer au Paradis » résume
particulièrement bien les îles du Salut. Un lieu paradisiaque que nous avons eu
l’opportunité de découvrir et un enfer pour de milliers d’humains, à une autre
époque…pas si lointaine.
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