"Un voyage de 20 000 lieues commence toujours par un premier pas"

Lao Tseu

vendredi 4 avril 2014

LES MARAIS DE KAW




Vous n’avez surement jamais entendu des marais de KAW, et pourtant il s’agit de la 3ème plus grande réserve naturelle de France. Pour nous, ce fut la même chose avant de poser les pieds en Guyane, nous
ne connaissions pas ce lieu magique.


Nous avons eu la visite des parents et de la sœur à Julie au mois de mars et nous avons réussi à avoir des congés pendant leur séjour. Ce fut une belle occasion pour partir à la découverte de la région qui nous accueille depuis bientôt 6 mois. Nous avons quitté le « centre névralgique » qui nous sert de lieu de vie depuis notre arrivée en Guyane, la ville de Kourou, pour découvrir l’ouest Guyanais et le fleuve Maroni. Nous avons découvert pendant trois jours une région historique de la Guyane où le fleuve vous livre le récit d’un lieu. Nous y retournerons avec Julie pour quelques jours dans l’idée d’aller un peu plus loin dans les terres pour rencontrer les peuples vivant au rythme de leur pirogue.




Mais en attendant, nous avons envie de vous parler des marais de KAW. La montagne de KAW qui culmine à environ 300 mètres est le premier barrage que rencontre les Alizés qui arrivent de l’océan Atlantique et a, comme conséquence, la plus forte pluviométrie de la Guyane. Toute cette eau se déverse ensuite dans le marais situé en contre-bas et a permit le développement d’une zone de biodiversité extraordinaire.


Nous avons rendez-vous à 15 heures au dégrad (définition : port rudimentaire en Guyane française) avec notre guide Laurent qui va nous partager ces connaissances concernant le marais et  tous les petits détails de cet écosystème. Nous nous installons dans une pirogue, tous les sens en éveil, prêt à partir à l’aventure. Le moteur n’a pas encore démarré que nous pouvons déjà observer un troupeau de zébus vivant en milieu aquatique et traversant le chenal qui permet de rejoindre le village de KAW. Les oiseaux qui sont nombreux (Buses à tête blanche, Jacanas, Martin-pêcheur, Hérons striés, Kikiwis, …) nous en font voir de toutes les couleurs.




Nous progressons lentement sur l’eau en direction du village qui est seulement accessible en bateau et pourtant environ 150 personnes vivent au milieu du marais avec pour principale activité, la pêche (nous pouvons voir de nombreux filets implantés discrètement dans l’eau). Les poissons que nous trouvons dans ces eaux douces sont les bébés tarpons, l’Atipa, l’Aïmara, les Piranhas… Nous avons fait une petite visite de la bourgade et nous avons pu déguster des jus locaux tel que le maracuja ou l’oseille pays chez l’habitante. Nous voilà fin prêt à réembarquer et nous pouvons continuer notre chemin en direction d’une cabane sur pilotis où nous pique-niquons. C’est l’occasion de prendre l’apéro local (Ti punch et planteur) avec du Rhum « La belle Cabresse » bien sûr mais aussi d’observer un caïman noir qui vient nous faire une visite à la tombée de la nuit.



Nous nous équipons de notre lampe frontale et nous repartons sur le chenal de nuit. C’est l’heure où les caïmans pointent le bout de leur museau et nous allons grâce à notre guide vivre un très bon moment. A l’aide de sa frontale, il scrute le moindre petit signe qui pourrait nous permettre de voir apparaître deux petits yeux orange. Il arrête fréquemment la pirogue quand soudain nous constatons qu’il tenait dans ces bras un caïman à lunettes d’environ 1 mètre. En nous expliquant, la façon de prendre en main l’animal, nous avons la chance de pouvoir chacun notre tour porter le caïman, instant frisson !!!





Sous un ciel étoilé magnifique, nous poursuivons notre quête de caïman et nous avons eu la chance d’en voir et d’en porter plusieurs. Nous avons aussi vu un Cabiai, le plus grand rongeur du monde, sorte de hamster géant. Quel joie, pour nous de découvrir toutes ces espèces très peu connues voir même endémique à la Guyane. Malheureusement, notre petit périple sur l’eau touche déjà à sa fin et nous débarquons sur le dégrad aux alentours de 22 heures. Nous discutons sur le parking et remercions grandement Laurent pour le partage de son savoir et la curiosité qu’il a pu éveillé en nous. Il nous propose de le suivre jusqu’au camp qu’il a installé à quelques kilomètres du marais. Sur place, nous découvrons de magnifiques cabanes situées dans les arbres mais c’est tout à fait autre chose qui va attirer notre attention. Laurent nous emmène à côté d’un petit terrier ou il va agiter une longue brindille. Tout d’un coup, se pointe une énorme Teraphosa, la plus grande mygale au monde. Il va lui donner une sauterelle pour le repas que l’araignée va saisir à une vitesse incroyable. Il s’agit d’une femelle qui va être rapidement rejoint par un mâle de taille plus petite.


Cette belle journée se termine déjà et il est maintenant l’heure de reprendre la route, direction Kourou  après en avoir pris pleins les yeux dans un site où la nature est complètement préservée malgré l’absence de gestion de la réserve depuis plus d’une année. Il faut espérer que ce petit monde se maintienne dans l’état et que l’homme ne vienne pas chambouler cette belle harmonie. Il est l’heure de s’endormir, des images et des souvenirs plein la tête.









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