"Un voyage de 20 000 lieues commence toujours par un premier pas"

Lao Tseu

dimanche 7 décembre 2014

L'AMAZONE

Pendant notre séjour en Guyane, nous nous sommes passionnés pour les fleuves et leurs animations. Le Maroni, l’Oiapoque, le Kourou, la Mana, l’Approuague, la Sinnamary (pour en citer quelques uns), nous ont conduit à travers la forêt tropicale et nous ont toujours impressionnés  par leur taille et leur volume imposant.

Pour nos premiers pas au Brésil, nous avons fait étape dans un petit village sur pilotis au bord de l’Amazone à proximité de la ville de Macapa. Nous avons été stupéfait par l’immensité de ce fleuve, véritable autoroute serpentant à travers le Brésil jusqu'à sa source péruvienne. 6992 kilomètres de longueur, 18 % du volume totale d'eau douce déversée dans les océans, jusqu'à 40 kilomètres de large à certains endroits, l'Amazone atteint 330 kilomètres de large dans son delta et déverse en moyenne 209 000 mètres cube d'eau à la seconde à son estuaire. Des chiffres qui impressionnent et qui font passer le Rhin ou la Loire pour de petits ruisseaux.





 Nous avions dans l’idée, au départ de remonter jusqu'à Manaus, immense ville située au milieu de la forêt amazonienne, à 6 jours de bateau de notre lieu de départ mais notre choix s’est finalement porté sur la traversé du delta de l’Amazone pour rejoindre la ville de Belém située à l’Est du fleuve.

Dans la chaleur suffocante (nous étions sur l’équateur), nous nous sommes  tout d’abord attelés à trouver des hamacs car la traversée dure 24 heures. Notre billet en poche, nous avons pu accéder au Sao Francisco, gros bateau de deux étages où nous avons essayé de trouver un petit emplacement pour nos hamacs. Nous n’étions pas les premiers arrivés et une nuée de toiles tendues multicolores se dressaient au 1er étage du bateau, sorte de grand dortoir.


Il était 10 heures et l’heure du grand départ avait sonné. Nous avons quitté lentement le port de Santana, assis au sommet du bateau d’où nous avions une vue panoramique sur les longues étendues d’eau et de forêt. Nous suivions attentivement l’avancée de notre navire et nous observions toute l’animation du fleuve. Les cargos géants se mêlaient aux petites barques de pêcheurs, les habitations sur pilotis posées sur les nombreuses îles formaient de belles avancées dans l’eau d’où les enfants faisaient des signes aux bateaux qui passaient. De temps en temps, un dauphin d’eau douce, dénommé Tucuxi, venait caresser la surface de l’eau et nous étions émerveillés devant toute cette beauté.

Depuis l’avant du bateau, nous avons vu le soleil se coucher  sur l’Amazonie et la nuit tombante nous a fait apparaître une multitude d’étoiles. Il était l’heure pour nous de nous coucher et de nous installer dans nos hamacs. Un hamac juste au-dessus de nous, d'autres à notre et à notre droite, nous étions tellement serrés que je sentais les fesses de mon voisin à travers la toile. Nous nous sommes lentement endormis au rythme de l’eau et du moteur.



Au petit matin, levé de soleil,  accompagné d’un café à haute concentration en sucre comme le consomme les brésiliens et nous attendions impatiemment les premiers signes de la ville. Au détour d’un dernier méandre, est apparu au loin toute une nuée de grattes ciel nous indiquant notre arrivée proche à Belém. Mais pour nous, la route ne s’arrêtait pas ici et quelques heures plus tard, nous repartions en bateau, direction Marajó, île principale du delta de l’Amazone grande comme la Suisse où les gendarmes se promènent à dos de buffles. 






Nous voilà partis pour quelques jours de repos, à nous retrouver enfin juste à deux et à découvrir les plages de sable fin de l'île de Marajo entre les eaux douces de l'Amazone et les eaux salées de l'océan Atlantique. 

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