Pendant notre séjour en Guyane, nous nous sommes passionnés
pour les fleuves et leurs animations. Le Maroni, l’Oiapoque, le Kourou, la
Mana, l’Approuague, la Sinnamary (pour en citer quelques uns), nous ont conduit
à travers la forêt tropicale et nous ont toujours impressionnés par leur taille et leur volume imposant.
Nous avions dans l’idée, au départ de remonter
jusqu'à Manaus, immense ville située au milieu de la forêt amazonienne, à 6
jours de bateau de notre lieu de départ mais notre choix s’est finalement porté
sur la traversé du delta de l’Amazone pour rejoindre la ville de Belém située à
l’Est du fleuve.
Dans la chaleur suffocante (nous étions sur l’équateur),
nous nous sommes tout d’abord attelés à
trouver des hamacs car la traversée dure 24 heures. Notre billet en poche,
nous avons pu accéder au Sao Francisco, gros bateau de deux étages où nous
avons essayé de trouver un petit emplacement pour nos hamacs. Nous n’étions pas
les premiers arrivés et une nuée de toiles tendues multicolores se dressaient
au 1er étage du bateau, sorte de grand dortoir.
Il était 10 heures et l’heure du grand départ avait sonné.
Nous avons quitté lentement le port de Santana, assis au sommet du bateau d’où nous
avions une vue panoramique sur les longues étendues d’eau et de forêt. Nous
suivions attentivement l’avancée de notre navire et nous observions toute
l’animation du fleuve. Les cargos géants se mêlaient aux petites barques de
pêcheurs, les habitations sur pilotis posées sur les nombreuses îles formaient
de belles avancées dans l’eau d’où les enfants faisaient des signes aux bateaux
qui passaient. De temps en temps, un dauphin d’eau douce, dénommé Tucuxi, venait
caresser la surface de l’eau et nous étions émerveillés devant toute cette
beauté.
Depuis l’avant du bateau, nous avons vu le soleil se coucher
sur l’Amazonie et la nuit tombante nous a
fait apparaître une multitude d’étoiles. Il était l’heure pour nous de nous coucher
et de nous installer dans nos hamacs. Un hamac juste au-dessus
de nous, d'autres à notre et à notre droite, nous étions tellement serrés que je sentais les fesses de mon voisin
à travers la toile. Nous nous sommes lentement endormis au rythme de
l’eau et du moteur.
Nous voilà partis pour quelques jours de repos, à nous retrouver enfin juste à deux et à découvrir les plages de sable fin de l'île de Marajo entre les eaux douces de l'Amazone et les eaux salées de l'océan Atlantique.
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